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Chronology

Chronologie établie à partir de « André Breton, La Beauté convulsive », Paris, 1991, avec l'aimable autorisation du Musée national d'Art moderne, Centre Georges-Pompidou. Relu le 16 mai 2024 par Victoria Branly.

1896

19 février : Naissance d'André Breton à Tinchebray dans l'Orne.

1912-1913

En année de philosophie, au Lycée Chaptal, il commence à s'intéresser aux arts plastiques, visite musées, galeries, expositions, notamment la galerie Bernheim (40, rue de La Boétie, Paris VIIIe).

Attiré par Gustave Moreau, Bonnard, Vuillard, Roussel, Signac, et par les arts primitifs (avec la somme d'argent reçue à l'occasion de son succès au baccalauréat, il s'achète son tout premier fétiche, un objet de l'Île de Pâques).

Lit Baudelaire, Valéry, Mallarmé, Huysmans.

1914

15 mars : Rencontre Paul Valéry pour la première fois. S'engagent visites et correspondance régulière jusqu'en 1922. Publication dans La Phalange de trois poèmes d'André Breton dont un sonnet dédié à Paul Valéry. À Lorient séjour marqué par la découverte exaltante de Rimbaud (Une saison en enfer).

Octobre : Retour à Paris où il s'inscrit à la Faculté de médecine.

André Breton se procure régulièrement Les Soirées de Paris. Les séries de reproductions qui accompagnent chaque numéro (en janvier, n° 20, le Douanier Rousseau ; en février, n° 21, Derain ; en mars, n° 22, Picabia ; en avril, n° 23, Braque ; en mai, n° 24, Matisse) contribuent notamment à aimanter son goût : certaines des œuvres reproduites entrent dès lors dans son monde personnel et il s'y référera en permanence (Le Chevalier X, d'André Derain ou La Glace sans tain - dite aujourd'hui La Fenêtre bleue - de Matisse, entre autres).

1915

26 février : La classe 1916 est appelée dès 1915. Breton est mobilisé au 17e régiment d'artillerie comme infirmier militaire.

12 avril - 29 juin : Il fait ses classes à Pontivy.

Début juillet : Versé dans le service de santé à Nantes.

Décembre : Début des relations épistolaires avec Apollinaire.

1916

Fin février : Fait la connaissance de Jacques Vaché en convalescence à l'hôpital de Nantes. Rencontre décisive.

10 mai : Permission à Paris, première visite à Apollinaire le lendemain de sa trépanation.

26 juillet : Affecté au centre neuropsychiatrique de Saint-Dizier, dirigé par le Docteur Raoul Leroy, ancien assistant de Charcot, où il reste jusqu'à la mi-novembre. « Le séjour que j'ai fait en ce lieu et l'attention soutenue que j'ai portée à ce qui s'y passait ont compté grandement dans ma vie et ont eu sans doute une influence décisive sur le déroulement de ma pensée. C'est là (…) que j'ai pu expérimenter sur les malades les procédés d'investigation de la psychanalyse, en particulier l'enregistrement (…) des rêves et des associations d'idées incontrôlées. On peut déjà observer en passant que ces rêves, ces catégories d'associations constitueront, au départ, presque tout le matériel surréaliste. » (Entretiens, p. 36-37).

Décembre : Envoyé au front (offensive dite de la Meuse) comme brancardier.

1917

8 janvier : Affecté à la 22e section d'infirmiers militaires à Paris.

À la fin janvier, il est attaché comme externe au Centre neurologique de la Pitié (dans le service du Professeur Babinski). Rencontre régulièrement Apollinaire, Valéry, Royère. Début d'une correspondance avec Pierre Reverdy.

24 juin : Apollinaire lui présente Philippe Soupault.

1er septembre : Quitte avec regret la Pitié pour le Val de Grâce où il rencontre Louis Aragon.

Été : Projet (non abouti) d'un livre sur des peintres contemporains, avec Aragon et Soupault. « Soupault, Aragon et moi nous allons entreprendre en collaboration un livre sur des peintres. J'ai proposé et fait adopter cette liste : Henri Rousseau, Henri Matisse, Picasso, d'André Derain, Marie Laurencin, Georges Braque, Juan Gris, Georges de Chirico. » (Lettre à Théodore Fraenkel, 29 juillet 1918, citée par Marguerite Bonnet avec la collaboration de Philippe Bernier, Étienne-Alain Hubert et José Pierre, André Breton, Œuvres Complètes, tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1988, p. 1083)

1918

Mars - avril : Rend régulièrement visite à Apollinaire, au 202, boulevard Saint-Germain, « entre les rayons de livres, les rangées de fétiches africains, des tableaux : Picasso, Georges de Chirico, Larionov… ». Il y découvre les deux premiers numéros de la revue Dada (n° 1, juillet 1917 et n° 2, décembre 1917).

12 septembre : Dans une lettre à Aragon, définit les éléments de ce qu'il entend par « lyrisme ». Parmi eux, « Les invariables : locutions toutes faites, lieux communs, papiers peints ou faux bois. Et le lyrisme en peinture ce sera le Journal collé dans le Portrait de Chevalier X, la nacre de l'enseigne Café Bar chez Braque ». (Fonds Aragon, CNRS). Sa lettre se termine par un tableau, « Ceux que j'aime encore ». La liste comprend : « Rimbaud, Derain, Lautréamont, Reverdy, Braque, Aragon, Picasso, Vaché, Matisse, Jarry, Marie Laurencin. »

Début septembre : Acquiert un dessin de Modigliani.

1er novembre : Rend visite à Picasso (cf. deux lettres à Aragon, datées du 1er novembre 1918).

1919

8 mars : Rencontre pour la première fois Éluard par l'intermédiaire de Jean Paulhan, à l'hôtel des Grands-Hommes.

19 mars : Premier numéro de la revue Littérature, dirigée par Aragon, Breton, Soupault.

Mars - avril : Breton recopie entièrement l'exemplaire des Poésies d'Isidore Ducasse à la Bibliothèque nationale.

Mai : Écrit avec Soupault Les Champs magnétiques. Le commentaire rédigé par Breton en 1930 sur les pages de garde de l'exemplaire destiné à René Gaffé éclaire les circonstances et les choix qui aboutirent à l'application systématique de « l'écriture automatique » et à ce livre « coup d'État ».

Août : Parution des Lettres de guerre de Jacques Vaché, avec une préface d'André Breton, aux éditions Au Sans Pareil.

Novembre : Parution de la revue 391 de Francis Picabia, qui montre des œuvres de Marcel Duchamp.

11 décembre : Première lettre de Breton à Picabia : il lui demande sa collaboration pour Littérature.

1920

Janvier : Écrit un texte sur Giorgio de Chirico (repris pour la préface de l'exposition De Chirico chez Paul Guillaume du 21 mars au 1er avril 1922).

4 janvier : Première visite à Picabia.

Breton vit à l'hôtel des Grands-Hommes. Dans sa chambre sont accrochés des dessins (deux Derain, trois Marie Laurencin, un Modigliani) qui seront brûlés par Georgina Dubreuil, son amie d'alors, dans un mouvement de dépit…

Mars :Abandonne définitivement ses études de médecine.

Valéry l'aide à obtenir un travail administratif à la N.R.F, au service des lecteurs et des abonnements. Il y relit les épreuves de Du Côté de Guermantes de Marcel Proust (avril à juillet).

Avril : Début des contacts épistolaires avec Max Ernst.

30 mai : Parution des Champs magnétiques au Sans Pareil avec deux dessins de Picabia, portraits d'André Breton et de Soupault.

Fin juin : Rencontre Simone Kahn au Luxembourg.

7 novembre : Visite à l'atelier de Derain décrite dans « Idées d'un peintre » : «  Derain n'est pas subjectiviste. Il nie qu'un ensemble de traits quelconques puisse paraître beau. » Breton achète un petit tableau à Derain qui sera son cadeau de fiançailles à Simone.

1921

Mars : Article sur Derain dans Littérature (« Idées d'un peintre » repris dans Les Pas Perdus, 1924).

2 mai : Exposition de collages de Max Ernst au Sans Pareil. Préface d'André Breton.

13 mai : « Procè » intenté à Barrès pour « crime contre la sûreté de l'esprit ».

Juin - juillet : Le couturier Jacques Doucet engage Breton comme conseiller artistique et bibliothécaire.

14 juin : Première vente Kahnweiler. Breton achète une petite Tête de Picasso.

Juillet : Fait la connaissance de Marcel Duchamp, qui est à Paris.

De juin 1921 à fin janvier 1922 : rencontre également Man Ray.

15 septembre : Mariage d'André Breton et de Simone à la mairie du XVIIe. Paul Valéry est le témoin de Breton.

10 octobre : André Breton est reçu, à Vienne, par Freud.

17-18 novembre : Seconde vente Kahnweiler. Achète des œuvres de Derain, Braque et Picasso.

3 décembre : Encourage déjà Jacques Doucet à acquérir Les Demoiselles d'Avignon, de même qu'il recommande l'achat de Samedi ou Le Chevalier X de Derain.

1922

1er janvier : André Breton et sa femme Simone Kahn s'installent rue Fontaine.

Janvier - février : Appel (2 janvier) largement diffusé et projet pour un « Congrès international pour la détermination des directives et la défense de l'esprit moderne » ou Congrès de Paris prévu en mars. Projet sans suite.

1er mars : Premier numéro de la nouvelle série de Littérature dirigée par Breton.

4 juillet : Troisième vente Kahnweiler. André Breton y achète trois Braque et un Léger.

25 septembre : Début des expériences des Sommeils hypnotiques. Premières séances avec Péret, Desnos et Crevel relatées dans « Entrée des Médiums ».

30 octobre : Départ pour Barcelone où aura lieu une exposition, préfacée par Breton, des œuvres de Picabia à la galerie Dalmau (18 novembre - 8 décembre).

17 novembre : Conférence de Breton à l'Ateneo, « Caractères de l'évolution moderne et ce qui en participe ». Ce texte annonce à bien des égards Le Surréalisme et la peinture (priorité donnée à Picasso, puis Picabia, De Chirico, Duchamp, Max Ernst).

1923

Février : Breton fait acheter à Doucet une œuvre d'Max Ernst.

6 juillet : Soirée du Cœur à barbe organisée par Tzara au théâtre Michel. Breton est expulsé avec Desnos et Péret, après avoir défendu Picasso attaqué par Pierre de Massot.

2 septembre : André Breton félicite Doucet de son acquisition d'un verre de Marcel Duchamp qui marque « le point extrême de la trajectoire moderne dans le domaine de la peinture » (cité par François Chapon, Misères et splendeurs de Jacques Doucet, Paris, Lattès, 1984, p. 291).

18 septembre : Écrit à Picasso pour lui demander que le volume Clair de terre « s'ouvre par un portrait de moi par vous-même » (Archives musée Picasso).

15 novembre : Parution de Clair de terre, recueil de poèmes automatiques écrits entre 1920 et 1923, précédés de cinq récits de rêves (collection Littérature).

1924

5 février : Publication des Pas perdus, à la N.R.F.

Avril : Un nouveau « jeu » est inauguré rue Fontaine : des poèmes fabriqués avec des phrases découpées dans les journaux, tels certains de Poisson soluble.

Début mai : Breton effectue avec Aragon, Morise et Vitrac un voyage à pied, « au hasard » à partir de Blois jusqu'à Romorantin, qui veut être l'expérience d'une errance dans un espace réel.

Le 18, il signe avec tout le groupe surréaliste un « Hommage à Pablo Picasso ».

Fin septembre : Première rencontre avec André Masson. Tous deux se sentent immédiatement « de plain pied » en parlant de Lautréamont, de Raymond Roussel, de Reverdy, mais « quand j'ajoutais à ces noms prestigieux ceux de Nietzsche et de Dostoïevski, sa réaction fut rapide : "ce que je déteste le plus." » (André Masson, « 45, rue Blomet », Atoll, n° 2, sept. - nov. 1968, p. 15-21)

L'entrée tumultueuse de Miró, en 1924, marque une étape importante dans le développement de l'art surréaliste. « Miró qui laisse alors derrière lui une œuvre d'un esprit moins évolué mais qui témoigne de qualités plastiques de premier ordre, franchit d'un bond les derniers barrages qui pouvaient encore faire obstacle à la totale spontanéité de l'expression. » (Genèse et perspective artistiques du surréalisme, 1941)

11 octobre : Ouverture du Bureau de recherches surréalistes.

15 octobre : Publication du Manifeste du surréalisme, suivi de Poisson soluble, aux éditions du Sagittaire chez Simon Kra.

18 octobre : À la mort d'Anatole France, Breton rédige avec Aragon, Delteil, Soupault et Éluard un violent pamphlet (« Un cadavre ») où sont saluées comme délivrances les morts de Loti, Barrès et France, respectivement « l'idiot, le traître et le policier ».

1er décembre : Parution du n° 1 de La Révolution surréaliste, dirigée par Pierre Naville et Benjamin Péret jusqu'au n° 3 inclus (15 avril 1925).

1925

Février : Breton s'impatiente de voir, rue Blomet, des tableaux de Miró, qu'il ne connaît pas encore.

Hiver 1924 - 1925 : Breton rédige l' « Introduction au Discours sur le peu de réalité » (Commerce n° 3, hiver 1924) qui paraît en fait en 1925.

2 juillet : Violents incidents au banquet offert par le groupe surréaliste à la Closerie des Lilas en l'honneur de Saint-Pol Roux. La presse se déchaîne contre les activités subversives des surréalistes.

15 juillet : Parution de La Révolution surréaliste n° 4. Breton assure seul désormais la direction de la revue et s'en explique dans le texte « Pourquoi je prends la direction de La Révolution surréaliste ». Début de la publication, dans ce numéro, du Surréalisme et la peinture qui ouvre avec ce postulat fracassant : « L'œil existe à l'état sauvage. » Breton y avance pour la première fois le concept de « modèle intérieur ». Première reproduction également du tableau Les Demoiselles d'Avignon.

Fin juillet - début août : Premiers contacts avec Paul Nougé et Camille Goemans, dans la perspective d'une fusion idéologique des groupes de La Révolution surréaliste, de Clarté et de Philosophies avec le groupe belge de Correspondance. Leur déclaration commune, avec le tract du début août : « La Révolution d'abord et toujours ! » amorce un rapprochement avec le P.C.

Novembre : Malgré la rupture avec le groupe Philosophies, la collaboration entre Clarté et La Révolution surréaliste se poursuit, avec le projet (qui échouera) d'une revue commune, La Guerre civile.

13 novembre : À minuit, inauguration de la première exposition de peinture surréaliste, La Peinture surréaliste, à la galerie Pierre. Œuvres de De Chirico,Arp, Ernst, Klee, Man Ray,Masson, Miró, Picasso, Pierre Roy.

Décembre : Rue du Château est « inventé » le jeu du Cadavre exquis. Rencontre d'Yves Tanguy. Une profonde amitié devait le lier durablement à Breton dont l'ascendant est décisif, puisque d'Yves Tanguy s'exerce aussitôt à des dessins « automatiques ».

Fin décembre : Arrivée à Paris de Hans Arp qui retrouve Max Ernst et se lie avec Joan Miró.

1926

26 mars : Ouverture de la Galerie surréaliste avec l'exposition Tableaux de Man Ray et objets des Îles (Océanie). L'association, pour la première fois dans un même lieu, d'œuvres primitives et de peintures d'esprit dada, fait sensation.

30 septembre : Publication de Légitime défense aux Éditions surréalistes : analysant les liens établis depuis un an entre le P.C. et le groupe surréaliste, Breton prône l'absence de tout contrôle extérieur « même marxiste », tout en affirmant « l'adhésion de principe enthousiaste au programme communiste ».

4 octobre : Rencontre, rue Lafayette, Nadja qu'il voit continuellement jusqu'au 17 octobre et de manière plus espacée jusqu'en février 1927 : rencontre fulgurante à bien des égards de celle qu'il considère comme un « génie libre » et qui va bouleverser son exigence poétique et son regard.

Novembre : Les réunions successives sur le problème de l'adhésion au P.C. créent des tensions dans le groupe : les 23 et 27, l'ancien « comité » (composé du groupe Clarté et des surréalistes) se réunit au café Le Prophète : Artaud se retire de lui-même tandis que Soupault est exclu.

1927

14 janvier : Breton adhère au Parti Communiste (P.C.), qui l'affecte à une cellule d'employés du gaz.

Avril : Publie avec Aragon et Éluard un tract, Lautréamont envers et contre tout, contre l'édition des œuvres présentées par Soupault.

Mai : Dans Au grand jour, rédigé avec Aragon, Éluard, Péret et Unik, Breton donne les raisons de leur adhésion au P.C.

Mai - Juin : Découvre avec Éluard des poupées d'Indiens Pueblos et du Nouveau-Mexique, qu'il associe à la première exposition personnelle d'Yves Tanguy, Yves Tanguy et objets d'Amérique, organisée par ses soins à la Galerie surréaliste (27 mai - 15 juin).

Octobre : Rencontre Magritte installé au Perreux-sur-Marne depuis août.

1928

11 février : Parution du Surréalisme et la peinture aux éditions Gallimard, avec 77 photogravures.

15 mars : Dans le n° 11 de La Révolution surréaliste Breton célèbre avec Aragon le cinquantenaire de l'hystérie, « moyen suprême d'expression ».

25 mai : Publication de Nadja, aux éditions Gallimard, avec 44 planches photographiques, qui reçoivent toutes pour légende un bref extrait du texte.

9 juin : Incidents avec Artaud au cours d'une représentation du Songe de Strindberg par le théâtre Alfred Jarry.

1929

Janvier : Breton acquiert deux aquarelles de Kandinsky à la première exposition de l'artiste à Paris, galerie Zak, place Saint-Germain des Prés.

11 mars : Réunion houleuse au Bar du Château des groupes de La Révolution surréaliste, du Grand Jeu, de Philosophies, « convoqués » sur le prétexte de l'examen du sort réservé à Trotski.

Avril : Fait la connaissance de Dalí, introduit dès son arrivée à Paris en mars dans le groupe surréaliste par Miró.

Juin : Parution du numéro spécial de Variétés, « Le Surréalisme en 1929 ». En tête paraît le dossier de la séance du 11 mars : « À suivre : petite contribution au dossier de certains intellectuels à tendances révolutionnaires », signé d'Aragon et de Breton. La rupture avec Desnos y est clairement signifiée.

20 novembre - 5 décembre : Première exposition parisienne Salvador Dalí à la galerie Gœmans, avec une préface de Breton.

15 décembre : Parution du dernier numéro de La Révolution surréaliste (n° 12), avec le Second Manifeste du surréalisme, « Notes sur la poésie » (en collaboration avec Éluard) et l'« Enquête sur l'Amour ».

1930

15 janvier : En réplique au Second Manifeste, parution contre Breton du tract Un Cadavre signé par Ribemont-Dessaignes, Prévert, Queneau, Vitrac, Leiris, Limbour, Boiffard, Desnos, Morise, Jacques Baron, Carpentier et Bataille.

14 février : Breton répond à Un Cadavre par le tract Avant, Après.

20 mars : Breton quitte Paris pour Avignon où le rejoignent Char et Éluard. Ensemble ils écrivent Ralentir Travaux qui sera publiée le 20 avril aux Éditions surréalistes.

25 juin : Parution aux éditions Kra du Second Manifeste du surréalisme. Il est précédé d'un « Prière d'insérer », manifeste de soutien à Breton.

Juillet : Parution du premier numéro du Surréalisme au service de la révolution, dont le titre est suggéré par Aragon, mais la direction assurée par Breton.

Novembre : Participe au texte collectif de la revue-programme de L' Âge d'or de Buñuel et Dalí, projeté au Studio 28.

24 novembre : Publication de L'Immaculée Conception, aux Éditions surréalistes.

1er décembre : Au lendemain du Congrès de Kharkov (Seconde Conférence internationale des écrivains révolutionnaires, 6 au 11 novembre), Aragon et Sadoul signent une lettre « autocritique » dénonçant le « freudisme » et le « trotskisme » des surréalistes. Leur attitude ambiguë avec Dalí, puis avec Breton et son entourage, prélude à la rupture.

3 décembre : Les membres de la Ligue des patriotes et de la Ligue antijuive s'attaquent aux locaux du Studio 28, y saccagent les toiles exposées.

Lacan entre en contact avec Breton et les surréalistes.

Décembre : Victor Brauner, arrivé de Bucarest, et Jacques Hérold sont présentés à Breton par Tanguy.

1931

10 juin : Publication de L'Union libre, où Breton en appelle à la Femme, dans l'absolu de la passion partagée.

2 - 3 juillet : Vente à l'hôtel Drouot de sa collection d'arts primitifs avec celle de Paul Éluard, Sculptures d'Afrique, d'Amérique et d'Océanie, organisée par Charles Ratton.

20 septembre : Ouverture de l'Exposition anticolonialiste au pavillon des Soviets, organisée en réponse à l'Exposition coloniale dénoncée en mai par Breton et les surréalistes (tract : Ne visitez pas l'Exposition coloniale).

Décembre : Parution des n° 3 et n° 4 du Surréalisme A.S.D.L.R.. Poursuite de l'activité anticolonialiste et surtout antireligieuse, déjà déclarée dans le tract Au feu ! de mai.

1932

Janvier : Arrivée de Meret Oppenheim à Paris qui est introduite auprès des surréalistes par Giacometti et Arp.

Mars : Dans Misère de la poésie, Breton, malgré son opposition personnelle à une poésie de propagande, prend la défense d'Aragon, poursuivi en justice pour son poème Front rouge. Le 10 mars, la rupture est consommée avec Aragon qui désavoue son ami dans L'Humanité.

Juin : Dans le n° 3 du Surréalisme aujourd'hui et ici, publié à Belgrade, Breton, Éluard, Crevel et Dalí répondent à « l'enquête sur le désir » lancée par Marco Ristitch. Tous s'accordent sur la prééminence des désirs.

Fin juin : Publie Le Revolver à cheveux blancs dédicacé à Éluard.

26 novembre : Publication des Vases communicants (éd. des Cahiers libres) dont Breton envoie un exemplaire à Freud qui lui répond par trois lettres (13, 14 et 15 décembre). Le livre, tout entier écrit dans la résonance de Hegel, est une tentative ambitieuse pour établir les liens étroits existant entre le rêve et l'état de veille et définir la fonction du poète surréaliste « à venir ».

1933

Janvier : Breton est nommé membre du bureau de la section littéraire de l'A.E.A.R..

Mars : participe activement aux recherches surréalistes, et réalise un portrait de Breton.

Début juin : Parution conjointe des n° 1 et n° 2 de Minotaure. Breton inaugure la revue avec son texte fondamental « Picasso dans son élément ».

7 - 18 juin : Exposition surréaliste, à la galerie Pierre Colle : une place nouvelle est accordée aux « objets » surréalistes au sein des peintures, dessins, collages.

3 juillet : Accusé d'avoir laissé publier en mai dans Le Surréalisme A.S.D.L.R. une lettre d'Alquier attaquant les « conceptions civico-morales ayant présidé au film russe Le Chemin de la vie », Breton est exclu de l'A.E.A.R..

Octobre : Breton intervient personnellement pour introduire Kandinsky (chassé par la Gestapo du Bauhaus en juillet) dans la section importante accordée aux surréalistes (Arp, Victor Brauner,Dalí, Ernst, ,Miró, Oppenheim, Man Ray, Tanguy) au salon des surindépendants.

1934

Février : Se mobilisant, dans L'Appel à la lutte (le 10) contre le putsch fasciste du 6 février, Breton adhère au Comité de Vigilance des intellectuels antifascistes.

De Bruxelles, Mesens contacte Breton pour lui proposer de consacrer le n° 1 (paru en juin) de la nouvelle série de Documents 34 au surréalisme en 1934. Breton lui envoie un texte fondamental : « Équation de l'objet trouvé ».

Avril : Travaille pour le prochain n° 5 de Minotaure (à paraître en juin), à son article « La beauté sera convulsive ». Déjà annoncée à la fin de Nadja, cette proposition péremptoire, qui résume le programme esthétique de Breton, est maintenant définie en termes contradictoires : « érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle. » (Ce texte constituera le début de L' Amour fou).

29 mai : Rencontre Jacqueline Lamba place Blanche.

1er juin : Dans sa conférence « Qu'est-ce que le surréalisme ? », à Bruxelles, Breton insiste sur les dangers du péril fasciste, réaffirme l'inexistence d'un art prolétarien et le devoir des intellectuels et des artistes de lutter pour la libération de l'homme.

Juillet : Dans la perspective d'une réédition mise à jour du Surréalisme et la peinture, Breton se propose d'y introduire l'œuvre de Magritte qui lui envoie, sur sa demande, la description de huit tableaux et dessins, avec photos.

Publication de Point du jour (éd. Gallimard).

14 août : À son mariage avec Jacqueline, deux témoins : Giacometti et Éluard.

Septembre : Premiers contacts avec Oscar Dominguez.

28 novembre : Pour la première exposition parisienne Victor Brauner, galerie Pierre, Breton écrit la préface du catalogue, « Botte rose blanche ».

Novembre - décembre : En hommage à l'Ondine (Jacqueline), Breton écrit les poèmes de L'Air de l'eau, qui paraissent aux éditions des Cahiers libres.

De Berlin, Hans Bellmer lui envoie 18 photos de La Poupée, dont la reproduction dans Minotaure n° 6 marque son « adoption » par les surréalistes.

Dans ce même numéro de revue, Breton salue l'édition de La Boîte verte de Duchamp : La Mariée mise à nu par ses célibataires, même, en écrivant le premier texte important consacré au Grand Verre : « Phare de la mariée ».

1935

27 mars : Départ pour Prague, « la capitale magique de toute l'Europe ». Invité par le groupe surréaliste praguois Breton y donne une conférence : « Situation surréaliste de l'objet, situation de l'objet surréaliste », au cours de laquelle il examine le statut de l'œuvre d'art du point de vue du devenir hégélien et avance à cette occasion la notion de « poème-objet ».

9 avril : Parution du numéro 1 du Bulletin international du surréalisme en version bilingue tchèque-français.

27 Avril : Départ pour Ténérife.

10 - 24 mai : Exposition internationale du surréalisme à l'Ateneo de Santa Cruz. Publication du 2e Bulletin international du surréalisme.

18 juin : Suicide de René Crevel, tuberculeux depuis des années.

20 - 25 juin : Au Congrès des écrivains pour la défense de la culture, organisé sur les directives de Moscou pour dénoncer la montée du fascisme, Breton est interdit de parole (à la suite de la paire de gifles qu'il a administrée à Ilya Ehrenbourg, diffamateur du surréalisme). Breton prend ouvertement position contre le pacte franco-soviétique et en appelle à la révolution prolétarienne mondiale.

Dans « La Nuit du Tournesol », qui paraît illustré par Brassaï dans Minotaure n° 7, Breton revient sur sa rencontre avec Jacqueline Lamba, développant le « hasard objectif » de cette rencontre prédestinée dans son poème « Tournesol » de 1923.

2 juillet : Breton réunit tout le groupe surréaliste chez Maurice Heine et rédige le tract qui prend ouvertement position contre le stalinisme : Du temps que les surréalistes avaient raison. La rupture avec le P.C. est définitive.

Août : Parution du Bulletin international du surréalisme n° 3 à Bruxelles.

7 octobre : Avec la fondation de Contre-attaque est tentée une nouvelle forme d'action commune et un rapprochement avec Bataille.

Novembre : Le programme de Contre-attaque paraît dans Position politique du surréalisme (éd. du Sagittaire).

20 décembre : Naissance d'Aube.

1936

5 janvier : À la suite de l'agression menée par des membres de l'Action française contre Léon Blum, Breton participe, avec le groupe Contre-attaque, qui en appelle à « l'offensive révolutionnaire », à la manifestation du 17 février.

24 mars : Devant les provocations à « tendances surfascistes » de Bataille, taxées de pro-hitlériennes, Breton se retire publiquement de Contre-attaque.

10 avril : Poursuivant sa réflexion sur l'objet, Breton manifeste son intérêt permanent pour les « ready-made » de Marcel Duchamp.

20 avril : Termine son texte « Crise de l'objet », à paraître dans le n° 1-2 de Cahiers d'art consacré à l'objet (début mai) : texte fondamental qui stigmatise l'aboutissement de cette « révolution totale de l'objet » - par « mutation de rôle » - recherchée depuis 1924 par Breton.

Mai : Il conçoit en même temps l'Exposition surréaliste d'objets à la galerie Charles Ratton. Sur sa proposition sont réunis, pour la première fois, des objets scientifiques et naturels, des objets trouvés, des objets dits « primitifs » et des objets dits « surréalistes » dont il suscite la création auprès des artistes.

Juin : Consacre dans Minotaure n° 8 le nouveau procédé « automatique » (proche des lavis de Victor Hugo) inventé par Oscar Dominguez, dans son texte « D'une décalcomanie sans objet préconçu (décalcomanie du désir) ».

11 juin - 4 juillet : IIe Exposition internationale du surréalisme à Londres, préfacée par Breton et organisée à l'initiative de Herbert Read, avec la collaboration de Roland Penrose et David Gascoyne.

Mai : Découvre l'œuvre picturale, « déjà pleinement surréaliste », de Paalen à son exposition de la galerie Pierre. Paalen s'associe aussitôt aux réunions et expositions du groupe.

Septembre : Bulletin international du surréalisme n° 4 (Londres).

Dénonçant aux côtés des trotskystes le procès de Moscou, il signe Appel aux hommes. Le 3 septembre, il prononce une « déclaration » au meeting « La Vérité sur le procès de Moscou », désignant Staline comme « le principal ennemi de la révolution prolétarienne ». Breton est alors un des rares intellectuels à se déclarer clairement contre Moscou et à prendre publiquement parti pour Trotski.

1937

16 janvier : Discours de Breton (Camarades, plus de lumière) au meeting organisé par le Parti ouvrier internationaliste trotskyste, à propos du second procès de Moscou.

2 février : Parution de L'Amour fou, aux éditions Gallimard, avec dix-huit planches photographiques (Brassaï, Man Ray, Dora Maar, Cartier-Bresson).

Février : Breton se voit confier la gestion d'une galerie qu'il ouvre en mai sous le titre Gradiva, en hommage à « celle qui avance », l'héroïne du livre de Jensen commenté par Freud. Il demande à Marcel Duchamp d'en concevoir la porte.

Mai : Première exposition à la galerie Gradiva, qui réunit objets, sculptures océaniennes, livres (dont L'Amour fou) et des œuvres de Arp, Hans Bellmer, De Chirico,Dalí, Dominguez, Duchamp,Ernst, Giacometti, Hayter, Klee, Dora Maar, Marcoussis,Miró, Oelze, Paalen, Picabia, Picasso, Man Ray,Tanguy

9 - 14 juin : Exposition Internationale du surréalisme à Tokyo.

9 octobre : Conférence de Breton sur l'humour noir, à la Comédie des Champs-Élysées, où une place primordiale est accordée à l'Ubu de Jarry.

Fait la connaissance du jeune peintre chilien Roberto Matta, recommandé par Dalí.

Décembre : Avec le n° 10, la direction de Minotaure, jusque-là assurée par Tériade, passe à Breton, Duchamp, Éluard, Heine et Mabille.

1938

17 janvier-février : Organise avec Éluard à la galerie des Beaux-Arts, l'Exposition internationale du surréalisme, avec la collaboration scénographique de Marcel Duchamp et l'aide de Georges Hugnet. En guise de catalogue, Breton et Éluard publient le Dictionnaire abrégé du surréalisme, chez José Corti.

Fin février : Le ministère des Affaires étrangères, sur l'intervention de Saint-John Perse et d'Henri Laugier, lui propose une mission de conférences au Mexique.

Mars : Les textes réunis par Breton pour le septième Cahier G.L.M. Trajectoire du rêve paraissent, avec une « Note sur Freud » dans laquelle il dénonce avec force les poursuites dont le père de la psychanalyse est alors l'objet.

18 avril : Arrivés à Veracruz (Golfe du Mexique), Breton et Jacqueline sont accueillis par le peintre Diego Rivera, qui les logera dans sa maison de San Angel.

Mai : Première rencontre avec Trotski.

22 Juillet : Répond à la suggestion de Trotski d'élaborer le texte d'un manifeste invitant à la création d'une Fédération internationale de l'art révolutionnaire indépendant (la F.I.A.R.I.). Le texte définitif, Pour un art révolutionnaire indépendant, daté du 25 juillet, est signé, pour des raisons tactiques, par Breton et Diego Rivera. Il s'impose comme un plaidoyer vibrant pour la liberté nécessaire à toute création artistique, qui n'est autre, à leurs yeux, que la manifestation du désir révolutionnaire d'émancipation de l'esprit.

1er août : André Breton et Jacqueline embarquent à Veracruz.

18 août - fin septembre : Retour en France. La rupture avec Éluard, que Breton veut contraindre à se retirer de Commune, devient définitive.

1939

Janvier : Parution du premier numéro de Clé, bulletin mensuel de la F.I.A.R.I.

Février : Parution du n° 2 de Clé.

10 - 15 mars : Organise l'exposition Mexique chez Renou et Colle.

Mai : Parution du n° 12-13 de Minotaure : Breton y publie notamment « Des Tendances les plus récentes de la peinture surréaliste ».

Septembre : Mobilisé le 2, Breton rejoint son corps d'armée à Nogent. Marie Cuttoli accueille Aube et Jacqueline à Antibes.

Breton organise à distance, avec Paalen (qui est au Mexique depuis le début de l'année) et Cesar Moro, la prochaine Exposition internationale du surréalisme, qui se tiendra à Mexico en février 1940.

1940

Janvier à juillet : affecté à l'école élémentaire de pilotage de Poitiers.

Avril : L'édition de l'Anthologie de l'humour noir d'abord abandonée par Gallimard, puis Denoël, est prévue chez le Sagittaire. Mais elle est bloquée par la censure.

1er août : Démobilisé, Breton se rend chez Pierre Mabille à Salon-de-Provence.

Fin août : Il achève le poème « Pleine Marge » qu'il envoie à Jean Ballard pour Les Cahiers du Sud. Il apprend l'assassinat de Trotski à Mexico.

Fin octobre : Breton, Jacqueline et Aube s'installent à la villa Air Bel, siège du Comité américain de secours aux intellectuels, dirigé par Varian Fry et Daniel Bénédite.

3 décembre : Arrestation de Breton la veille de la visite de Pétain à Marseille. Il est en effet catalogué comme un « anarchiste dangereux recherché depuis longtemps par la police française ». Il sera relâché après quatre jours… Il écrit Fata Morgana, poème dédié à Jacqueline Breton.

Fin décembre : Breton, Jacqueline, Masson,Brauner, Lam, Dominguez, Hérold, pour tromper l'attente, dessinent les cartes du « jeu de Marseille ».

1941

Janvier : Breton cherche à organiser avec Jean Ballard une exposition regroupant les artistes réfugiés à Marseille : Masson, Lam,Brauner, Hérold, Wols

Février : La censure refuse la publication de l'Anthologie de l'humour noir comme elle différera celle de Fata Morgana.

24 mars : Embarque avec Jacqueline et Aube à bord du Capitaine Lemerle pour la Martinique. À bord : Victor Serge, Wifredo Lam, et Claude Lévi-Strauss.

Fin avril - mai : Arrivée à Fort-de-France. Breton, signalé comme « dangereux agitateur », est dirigé vers le camp du Lazaret. Puis découverte de l'île en compagnie d'Aimé Césaire. Avec André Masson, arrivé quelques jours après lui, Breton écrit Le Dialogue créole, publié aux Lettres françaises à Buenos-Aires en janvier 1942 et repris dans Martinique, charmeuse de serpents.

Fin mai : Escale à Ciudad Trujillo (Saint Domingue) où Breton rencontre le peintre E. F. Granell.

Début juillet : Arrivée à New York où les accueillent Tanguy, Kay Sage, Hayter.

1942

Mars : Pierre Lazareff, responsable de l'émission La Voix de l'Amérique parle aux français (dépendant de l'Office of War Information), engage Breton comme speaker.

Avril : Article d'André Breton dans View sur Ernst, « Vie légendaire de Max Ernst, précédée d'une brève discussion sur le besoin d'un mythe ».

Juin : Premier numéro de la revue VVV fondée par David Hare, avec Breton et Ernst (puis Duchamp) comme conseillers.

14 octobre : Ouverture de l'exposition First Papers of Surrealism. Le spectaculaire accrochage est conçu par Duchamp : filets de ficelle cachant les tableaux et les entrées de salles. Artistes exposés : Kay Sage, Kurt Seligmann, Leonora Carrington, Esteban Francès entre autres.

20 octobre : Ouverture de la galerie de Peggy Guggenheim, Art of this Century.

10 décembre : À l'invitation du Dr Henri Peyre, Breton donne une conférence à l'université de Yale : « Situation du surréalisme entre les deux guerres ».

1943

Janvier : Fréquente avec Ernst, Duthuit, Lévi-Strauss, le magasin de Julius Carlebach.

Été : Séjourne chez Jacqueline et David Hare, à Long Island, en compagnie de Charles Duits. Il y compose un poème, « Les États généraux ».

9 ou 10 décembre : Breton rencontre Elisa Claro.

1944

Janvier : Breton rédige la préface de l'exposition Donati à la galerie Passedoit à New York. Il découvre aussi à cette époque la peinture de Gorky.

Février : Publication du texte « Les États généraux », dans la revue VVV, n° 4.

Décembre : Fait la connaissance de Gorky chez Margaret La Farge Osborn.

Publication d'Arcane 17 chez Brentano's à New York avec des dessins de Matta : quatre lames du tarot. Une vitrine (avec une affiche spécialement conçue par Matta) est réalisée à cette occasion.

1945

Février : Préface pour l'exposition Gorky présentée chez Julien Levy en mars (il place Gorky dans la perspective de l'œuvre de Charles Fourier).

Avril : Numéro spécial de View consacré à Marcel Duchamp. Publication chez Brentano's du Surréalisme et la peinture, reprise du texte de 1928, augmentée de « Genèse et perspective artistique du surréalisme », et de nombreuses préfaces.

Juin - juillet : Après un passage à Chicago, Breton séjourne à Reno, au Nevada, où il divorce puis épouse Elisa le 31 juillet.

Août : Poursuit son voyage à travers le Grand Cañon du Colorado, le Nevada, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Breton et Elisa parviennent le 22 août aux réserves des Indiens Hopi et Zuni évoquées dans L'Ode à Charles Fourier.

4 décembre : Arrivé en Haïti, Breton retrouve Wifredo Lam, et d'autres jeunes artistes et poètes. Interviewé par René Bélance pour le Haïti Journal, il défend la cause des Noirs, et réaffirme le rôle émancipateur de la poésie.

1946

1er janvier : Parution, en hommage à André Breton, d'un numéro spécial de La Ruche avec l'allocution du 14 décembre et un appel à la jeunesse pour le retour de la démocratie en Haïti : Soulèvement populaire et destitution du président.

24 janvier - 3 février : Breton présente l'exposition Lam au Centre d'Art. Il rencontre également le peintre Hector Hyppolite et le poète Clément Magloire-Saint-Aude.

Mai : Le 26, retour d'André Breton à Paris. Brauner lui envoie un pneumatique : « Ton ami qui attend depuis 5 ans cet instant de la plus haute importance. »

7 juin : Participe à la soirée en hommage à Artaud - qui vient de sortir de l'asile psychiatrique de Rodez - organisée au théâtre Sarah-Bernhardt par Paulhan et Adamov.

1947

Janvier : Breton envoie la lettre d'invitation aux artistes pour l'Exposition internationale du surréalisme présentée par lui-même et par Marcel Duchamp : l'exposition doit réaffirmer « la cohésion » du groupe, marquer un « dépassement » vers un « mythe nouveau ».

Février : Publication par les éditions de la revue Fontaine de l'Ode à Charles Fourier, commencée aux États-Unis.

Avril : Le 11, intervention violente de Breton à la conférence de Tristan Tzara à la Sorbonne  : « Le surréalisme et l'après-guerre ».

Premiers contacts Dubuffet-Breton, qui partagent depuis longtemps la même passion pour les arts hors normes.

Répondant aux attaques conjuguées de Roger Vailland : « Le surréalisme contre la révolution », du groupe des Surréalistes Révolutionnaires et surtout de Sartre, le groupe rédige le tract Rupture inaugurale pour définir son attitude préjudicielle à l'égard de toute politique partisane.

Juin : Breton préface l'exposition Toyen qui, avec Heisler, après avoir fui le nouveau pouvoir communiste à Prague, s'était réfugié à Paris.

Juillet : Le 7 s'ouvre à la galerie Maeght l'exposition intitulée Le surréalisme en 1947. L'exposition montre des artistes de toute provenance, beaucoup étant des nouveaux venus (Riopelle, Maria Martins, Scottie Wilson, Baya, Hyppolite…), des « environnements » avant date : la « Salle de pluie et de dédale » dessinée par Marcel Duchamp, la « Salle des superstitions » dessinée par Kiesler et surtout douze autels « consacrés à un être, une catégorie d'être ou un objet susceptible d'être doué de vie mythique », chacun d'entre eux étant édifié par un artiste.

Novembre : Ouverture du Foyer de l'art brut dans le sous-sol de la galerie Drouin.

Une partie de l'Exposition internationale du surréalisme est montrée à Prague, Breton écrit une nouvelle préface : « Seconde Arche » où encore une fois il se montre intransigeant sur la nécessité de combattre aussi bien l'art dit « dégénéré » que l'art dit « décadent bourgeois » et « cet ignoble mot d'engagement » avec « la survivance du signe à la chose signifiée appelant inévitablement à l'intolérance ».

1948

Janvier : Parution du premier numéro de NÉON, N'être rien, être tout, Ouvrir l'être. En première page Breton dans « Signe ascendant » déclare d'emblée : « Je n'ai jamais éprouvé de plaisir intellectuel que sur le plan analogique. ». Au « donc », Breton préfère le « comme », à la logique, l'absence de logique (La Clé des champs).

Juin : Publication par le groupe surréaliste du tract À la niche les glapisseurs de dieu ! contre les diverses tentatives de récupérations chrétiennes du surréalisme.

Écrit un avant-propos à l'exposition Océanie organisée par la galerie Andrée Olive. S'il ne veut pas s'enfermer dans le débat de la supériorité de l'art africain ou de l'art océanien, il privilégie cependant ce dernier : « Océanie le plus grand effort immémorial pour rendre compte de l'interpénétration du physique et du mental… ». L'art africain, lui, reste trop attaché aux formes extérieures.

Octobre : Ouverture rue du Dragon de la galerie Solution surréaliste, dite aussi La Dragonne.

Après avoir fait l'historique de la découverte de l'art brut (Marcel Reja, Prinzhorn, Lo Duca, Lacan, Dubuffet…) Breton accuse la critique de ne voir que les artistes consacrés : « ce n'est pas la critique d'art d'aujourd'hui qui ira chercher son bien - et le nôtre - dans ces trophées de la vraie "chasse spirituelle" à travers les grands "égarements" de l'esprit humain. »

Novembre : Le groupe poursuit ses activités au sein du mouvement mondialiste incarné par le jeune Américain Garry Davis qui, ayant osé le 19 novembre interrompre une séance de l'ONU, s'était fait arrêter. Dès le lendemain, avec d'autres intellectuels dont Camus, Breton prend fait et cause pour lui en signant dans Combat l'article « Un pour tous hormis quelques-uns ».

Décembre : Participe le 13 décembre au meeting du Rassemblement démocratique révolutionnaire, salle Pleyel avec Sartre et Camus. Julien Gracq publie André Breton aux éditions Corti, éloge de l'homme et de l'œuvre.

1949

Février : Le groupe publie le tract Les surréalistes à Garry Davis dans lequel ils dénoncent les limites du nationalisme qui « oppose l'homme à lui-même ».

Avril : Publie un texte sur l'artiste naïf Demonchy qui expose à la galerie de Berri.

Mai : Le lendemain de la parution d'un soi-disant inédit de Rimbaud, La Chasse spirituelle, Breton est le premier à dénoncer point par point le faux dans une lettre à Combat daté du 19 mai. La lettre, exposée à la librairie La Hune, entraînera de très vives polémiques, avec Maurice Nadeau et Pascal Pia notamment.

À l'appui de ses thèses, Breton publiera en juillet aux éditions Thésée Flagrant délit, Rimbaud devant la conjuration de l'imposture et du truquage.

Été : Achète à Pont-Aven sa première aquarelle de Filiger. Il dirige quelque temps la collection Révélation, chez Gallimard.

Octobre : Défend la cause des objecteurs de conscience emprisonnés, mais montre des réserves à l'égard de la personne de Garry Davis, dont l'activité est devenue « confusionnelle ».

Sa fille Aube vient habiter avec lui à Paris.

1950

18 janvier : Refuse le prix de la Ville de Paris.

20 janvier : Répond à une enquête du Libertaire sur le procès Céline : « Mon admiration ne va qu'à des hommes dont les dons (d'artistes entre autres) sont en rapport avec le caractère. »

13 juin : Breton publie une lettre ouverte à Éluard dans Combat, pour plaider la cause du ministre tchèque Kalandra, qui les avait reçus à Prague en 1935 et qui va être condamné à mort. Éluard lui rétorque dans Action : « J'ai trop à faire avec les innocents qui clament leur innocence, pour m'occuper des coupables qui clament leur culpabilité. »

Découvre le village de Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot, lors d'un congrès mondialiste à Cahors, le 24 juin.

1951

Dans une lettre du 17 février, Dubuffet prévient Breton que Scottie Wilson est arrivé à Paris : « Ce serait bien qu'on l'aide à vendre ses dessins, car il n'a que cela pour vivre (cinq/six mille), ses dessins sont très beaux… ».

26 mai : Le tract Haute Fréquence fait le point définitif sur l'affaire Carrouges et la position sans ambiguïté du surréalisme vis-à-vis du christianisme ou de toute autre religion. « Pour nous, il va sans dire que la religion judéo-chrétienne reste, au sens propre, l'ennemie acharnée de l'homme. »

12 octobre : Signe la Déclaration préalable expliquant la collaboration des surréalistes au Libertaire, hebdo de la fédération anarchiste qui publiera régulièrement des « billets surréalistes », rendant compte des événements tant politiques qu'artistiques.

Par « Sucre jaune », commence la collaboration de Breton et des surréalistes à Arts. Camus ayant écrit un article pour Les Cahiers du Sud intitulé « Lautréamont et la banalité », Breton s'indigne de la platitude de ses analyses pour lui opposer « le très beau Lautréamont et Sade » de Maurice Blanchot.

24 octobre : Dans une interview d'André Parinaud pour Opéra, Breton se plaint que tous les organes de diffusion soient dans les mêmes mains, exerçant une censure subtile à l'égard du surréalisme, qu'il y ait « enflure publicitaire » sur certaines œuvres et sur l'art non-figuratif, et qu'il faille toujours en passer par le marché : « Il n'est pas plus évident, en raison des conditions faites aujourd'hui à l'art, qu'un égal de Daumier ou de Gauguin pourrait "percer". Le jeu des galeries d'art qui ont pris naissance au XXe siècle et les spéculations commerciales qui les motivent de plus en plus strictement sont de nature à fausser tous les rapports entre l'artiste et l'amateur. »

1952

Mars à juin : Entretiens à la radio avec André Parinaud qui seront édités cette année-là chez Gallimard.

1er mai : Publie dans Arts « Du réalisme socialiste comme moyen d'extermination morale » qui clôt la polémique avec Aragon et Les Lettres françaises. Breton déclare : « L'évidence est qu'on n'est jamais allé aussi loin dans le plus "aberrant", dans la platitude qui courtise l'emphase. »

Octobre : Conférences jusqu'en juin 1953 de René Alleau sur les textes classiques de l'alchimie.

5 décembre : Inauguration, rue du Pré-aux-Clercs, de la galerie À l'Étoile scellée.

1953

Mars : Publication aux éditions Sokolova, d'une monographie sur Toyen.

Août : Parution de La Clé des champs dont la publication avait été différée à cause de son « esprit antimilitariste et antireligieux ».

4 décembre : Prononce une allocution sur la tombe de Picabia, « Adieu ne plaise ».

Novembre : Parution du premier numéro de Médium, informations surréalistes, dirigé par Jean Schuster.

1954

Mai : Publication du n° 3 de Médium, nouvelle série, illustré par Svanberg.

Août : Publie dans Arts du 11 août, le texte « Triomphe de l'art gaulois ». Breton avait découvert l'art gaulois par le livre de L. Lengyel, L'Art gaulois dans les médailles, publié cette même année.

1955

Janvier : Parution du n° 4 de Médium, nouvelle série, avec couverture et illustration de Lam, présenté par Péret. Deux textes de Breton : « Du surréalisme en ses œuvres vives », texte philosophique qui insiste sur l'apport du surréalisme aux philosophies du langage, ses liens avec les sciences occultes, mais aussi - ce qui le distingue des autres pensées - sur le rôle de « clef de voûte » de la femme et de l'amour. Le deuxième texte, « Le pont suspendu » raconte trois expériences de prémonition dont l'une à propos d'un tableau de Fernandez.

18 février - 2 avril : Participe avec Charles Estienne pour le Musée pédagogique à l'organisation de la très grande exposition Pérennité de l'art gaulois.

1956

Janvier : Signe le tract Cote d'alerte qui appelle à la création d'un « Comité d'Action contre le fascisme et le colonialisme ».

Février : Préface l'exposition de Marcelle Loubchansky, à la galerie Kléber.

12 avril : Participe de très près au tract Au tour des livrées sanglantes ! rédigé par Jean Schuster. Remise en perspective de la position surréaliste à la suite du XXe congrès du Parti Communiste. Cela se termine par cette exhortation : « Extirpez de la classe ouvrière le venin stalinien qui l'a paralysée. »

3 mai : Écrit un texte de présentation pour la vente de 170 aquarelles d'Aloys Zötl à l'Hôtel Drouot.

Octobre : Parution du premier numéro de la revue Le Surréalisme, même, dont il prend la direction avec Jean Schuster.

Face à l'écrasement de la révolution hongroise, signe le tract Hongrie, Soleil Levant. Le tract, rédigé par Schuster mais dont le titre est de Breton, se termine en lettres capitales par ces mots : « Les fascistes sont ceux qui tirent sur le peuple. »

Participe avec de nombreux intellectuels (K. Axelos, A. Césaire…) à la constitution du Cercle international des Intellectuels révolutionnaires, qui pose la question du rôle propre des intellectuels dans le mouvement révolutionnaire.

1957

Février : Conférence de Bataille « L'Érotisme et la fascination de la mort ». Breton y assiste avec Masson et Hans Bellmer, dont il avait été, au témoignage de celui-ci, le premier à saluer la publication de son livre Petite anatomie de l'inconscient physique ou Anatomie de l'image, en 1953.

25 mai : Parution de L'Art magique. Ce livre, réalisé avec le concours de Gérard Legrand, l'a occupé entièrement pendant près de quatre ans.

1958

Juillet : Écrit le texte « Trop pour nous » pour la revue 14 Juillet créée par Dionys Mascolo et Jean Schuster, qui met en garde la France contre certains aspects « providentiels » des grands hommes…

7 au 28 octobre : Préface l'exposition du jeune peintre breton Yves Laloy, présentée à la galerie La Cour d’Ingres.

15 novembre : Publication du premier numéro de Bief, jonction surréaliste, direction Gérard Legrand, secrétaire de rédaction, J.-C. Silbermann.

Décembre : Parution d’une introduction aux Constellations de Miró, 22 gouaches peintes entre le 21 janvier 1940 et le 12 septembre 1941, pour L'Œil. Le texte sera édité chez Maeght l’année suivante.

1959

Août : De Saint-Cirq, Breton adresse une lettre d'invitation aux artistes pour les convier à la VIIIe Exposition internationale du surréalisme qui sera présentée à la galerie Daniel Cordier, du 15 décembre 1959 au 15 février 1960, et dont le thème sera l'Éros.

Mort de B. Péret, J.-P. Duprey et W. Paalen, trois disparitions qui affectent beaucoup Breton.

1960

1er septembre : Rédige avec J. Schuster, D. Mascolo et M. Blanchot la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie : c'est la célèbre déclaration dite « des 121 », qui ne fut diffusée que clandestinement.

28 novembre : S'ouvre à New York l'exposition à la d'Arcy Galleries Surrealist Intrusion in the Enchanter's Domain. Direction André Breton et Marcel Duchamp, organisation José Pierre et Édouard Jaguer.

1961

Mai : Organise, avec José Pierre et Tristan Sauvage, une exposition internationale du surréalisme à lagalerie Schwarz, à Milan.

Répond à l'enquête de Connaissance des Arts sur les dix meilleurs artistes vivants. Cite Brauner, Degottex, Hantaï, Lam, Lapicque, Magritte, Matta,Miró, Svanberg, Toyen.

Octobre : Création d'une nouvelle revue surréaliste, La Brèche, direction André Breton, comité de rédaction R. Benayoun, G. Legrand, José Pierre.

1962

29 janvier : Prononce une allocution au columbarium du Père-Lachaise, en l'honneur de Natalia Sedova Trotski.

5 mars : Signe, dans Combat-Art, un article avec Charles Estienne, Édouard Jaguer et José Pierre : « Boussole ». Les quatre signataires « entendent dégager de l'imbroglio actuel (entretenu à grand luxe de moyens publicitaires et s'abritant derrière une logorrhée pseudo-philosophique qu'on ne saurait trop dénoncer) les lignes de force qui commandent spécifiquement l'art d'aujourd'hui ».

Juillet : Publication dans L'Œil d'un long article très illustré de Breton sur l'artiste italien Baj.

1963

Avril : Pour Combat-Art, 1er avril - 6 mai, signe avec É. Jaguer et J. Pierre l'article « À vos rangs, fixe ! » qui condamne la mode du « retour au sujet » notamment au dernier Salon de mai.

1964

Avril : Préface l'exposition Camacho à la galerie Mathias Fels.

Dans la déclaration « Face aux liquidateurs » qui parut dans Combat-Art le 23 avril, la veille du vernissage de l'exposition Le surréalisme, sources, histoire et affinités organisée par Patrick Waldberg à la galerie Charpentier, il est rappelé par l'ensemble du groupe l'apport fondamental du surréalisme dans la création actuelle.

10 décembre : Donne une interview à Guy Dumur pour Le Nouvel Observateur dans laquelle il évoque le retentissement du surréalisme dans la jeunesse et dans les pays de l'Est, le pop art, les happenings mais aussi l'éducation sexuelle, il faudrait dire « l'initiation », et la gauche actuelle qui pâtit de sa « honteuse tolérance envers les pires forfaits du stalinisme ».

1965

Février : Préface l'exposition Klapheck à la galerie Sonnabend, la dernière qu'il écrira pour un artiste.

Décembre : Ouverture de la IXe Exposition internationale du surréalisme L'Écart Absolu à la galerie de L'Œil, exposition placée sous le signe de Fourier, largement cité par Breton dans son texte « Générique », préface au catalogue.

Comme le montre le tract Tranchons-en distribué à l'exposition, il s'agit de trancher avec la « Surenchère du sensationnel », « l'effritement vertigineux des notions morales les plus élémentaires (…) le rabais généralisé de la culture », bref de lutter contre cette civilisation de consommation en donnant à cette exposition « un sens d'ensemble idéologique » alors que les autres étaient des « actes de lyrisme collectif ».

Gallimard publie une nouvelle édition revue et corrigée du Surréalisme et la peinture, 1928-1965.

1966

Retourne, au début du printemps, en Bretagne, revoir les lieux qu'il a aimés.

19 avril : Pour la dernière fois signe et rédige l'essentiel de la déclaration collective Ni aujourd'hui, ni de cette manière.

16 mai : Réédition de l'Anthologie de l'humour noir chez Jean-Jacques Pauvert, avec un avant-propos de Breton pour souligner qu'il a été l'inventeur de la notion d' « humour noir ».

28 septembre 1966 : Mort d'André Breton, depuis longtemps malade des bronches. Il sera enterré le 1er octobre au cimetière des Batignolles. Le faire-part porte cette seule mention :

« André Breton
1896-1966.
Je cherche l'or du temps. »