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[Tu dois bien penser que si j'écris...]

Lettre datée de Paris, le 30 juillet 1954

Correspondance

Auteur

Auteur André Breton
Personnes citées Alphonse Allais, Elisa Claro Breton, Anne Bédouin, Georges Goldfayn, Louis Janover, Wolfgang Paalen, Louis Breton, Jean-Louis Bédouin, Benjamin Péret
Destinataire Aube Breton-Elléouët

Descriptif

Lettre d'André à Aube Breton, datée de Paris, le 30 juillet 1954.

Transcription

Paris, le 30 juillet 1954.

Mon petit enfant chéri,

Tu dois bien penser que, si j’écris si peu, c’est que je reste pris tout entier dans mes broussailles : il faudrait, faute de bonheur, avoir un peu de lumière à donner, mais toujours rien et tu vois que j’en suis réduit à laisser Elisa t’adresser les pauvres sous qui te manquent. J’ai bien eu conscience à chaque instant que tu devais être en grande difficulté de ce côté mais l’horrible est que je ne pouvais rien, le tableau toujours non vendu. Les libraires, je ne puis recourir à eux en raison de cette vente récente à l’Hôtel Drouot où ont été dispersés tant d’ouvrages et de manuscrits de moi. Quant à cette mensualité (à laquelle je ne me reconnais aucun droit) tu sais que je ne la perçois que le 1er du mois — et dire qu’elle va s’arrêter en octobre ! Assez, assez.

J’ai communiqué trois de tes belles cartes à ton grand-père  : il a dû être très impressionné car il me répond déjà qu’il craint que le lieu ne soit pas trop propice au travail. Mais je te fais confiance, dis ?

Pas grand monde au café, comme de juste. Chaque jour le petit Louis Janover de seize ans, qui est gentil. Benjamin se plaint terriblement de la chaleur à Séville. Paalen vient de rentrer d’Allemagne, Marie est en Italie, les Bédouin , Goldfayn sont dans le Midi.

Inutile de dire qu’Elisa et moi n’avons encore aucun projet.

Je te remercie beaucoup d’avoir pensé à m’adresser ce numéro de Match. Le portrait de Rimbaud est magnifique. Est-ce que vous avez la radio ? Je crois que dimanche en 8 (le 8 août) doit être diffusée une émission sur Alphonse Allais , à l’occasion de son « centenaire », qui peut être amusante.

J’ai lu, relu tout ce que tu nous dis de Saché — et je vois maintenant tout ce qui t’entoure comme si j’y étais.

Pardonne-moi, mon petit chéri, de t’écrire si mal, à tête si peu reposée. N’oublie pas que tes lettres sont les plus grands rayons qui me viennent.

Mes excuses, je te prie, et tous mes compliments à Sandra.

Je t’embrasse et je t’aime.

 

André

Bibliographie

André Breton (Jean-Michel Goutier éd.), Lettres à Aube, Paris, Gallimard, coll. Blanche, 2009, p. 88 à 89

Catalogue de vente cité, cote BnF

Librairie Gallimard

Date de création30/07/1954
Date du cachet de la Poste30/07/1954
Adresse de destination
Notes bibliographiques

2 feuillets in-4° sur papier à en-tête de Médium

Lieu d'origine
Bibliothèque

Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Paris : Ms Ms 41363_85

Nombre de pages2
Crédit© Aube Breton, Gallimard 2009
Référence19004952
Mots-clés
CatégoriesCorrespondance, Lettres d'André Breton
Série[Correspondance] Lettres à Aube
Lien permanenthttps://www.andrebreton.fr/fr/work/56600101000125
Lieu d'origine
Lieu d'arrivée