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Les Hommes d'aujourd'hui

n°431

Périodique

Auteur

Personne citée Émile Verhaeren
Dessins de Théo Van Rysselberghe
Texte de Francis Vielé-Griffin

Descriptif

Revue, fondée par André Gill et Félicien Champsaur, de monographies illustrées de contemporains. Un portrait de Émile Verhaeren figure en couverture du n°431.

La collection des Hommes d'aujourd'hui est fondée en septembre 1878 par André Gill et Félicien Champsaur. La revue est d'abord éditée par Cinqualbre (jusqu'en 1883) qui cède ensuite les droits à Léon Vanier, après deux ans d'interruption. La dernière parution date de 1899. André Breton possède 27 numéros de la collection.

La revue s'inspire du succès d'une série antérieure d'André Gill, publiée en collaboration avec le journaliste Maxime Rude, Le Bulletin de vote, une série de biographies illustrées, soutenant les candidats républicains aux élections législatives d'octobre 1877. La collection des Hommes d'aujourd'hui s'éloigne du militantisme politique ; chaque numéro (de 4 pages) est consacré à une personnalité contemporaine différente, appartenant au monde des arts, des lettres ou des sciences. Un portrait-charge en couleurs de la célébrité choisie figure en couverture, suivi de trois pages de texte satirique, qui mêlent sans scrupule des faits avérés et des éléments fantaisistes. Lorsqu'il reprend la publication de la série en 1885, Léon Vanier met fin au principe du caricaturiste unique (André Gill et Henri Demare sont les auteurs successifs des premiers portraits). Parmi les dessinateurs qu'il s'adjoint se trouve Théo Van Rysselberghe, qui représente Émile Verhaeren en couverture du n°431. Le poète porte son habituelle veste rouge et penche ses larges moustaches sur une page blanche :

« Le poète n'a qu'à se laisser envahir, à cette heure, par ce qu'il voit, entend, imagine, devine, pour que les œuvres jeunes, frémissantes, nouvelles, sortent de son cœur et de son cerveau. » (Georges Le Carbonnel et Charles Vellay, La littérature contemporaine, « Réponse de Verhaeren »)

Ne nous étonnons pas de la présence du crapaud sur le bureau : le poète en a fait son double dans le poème « Comme tous les soirs » :

 

« Le vieux crapaud de la nuit glauque

Vers la lune de fiel et d'or,

C'est lui, là-bas, dans les roseaux,

La morne bouche à fleur des eaux,

Qui rauque.

 

Là-bas, dans les roseaux,

Ces yeux immensément ouverts

Sur les minuits de l'univers,

C'est lui, dans les roseaux,

Le vieux crapaud de mes sanglots.

 

Quand les taches des stellaires poisons

Mordent le plomb des horizons

- Ecoute, il se râpe du fer par l'étendue -

C'est lui, cette toujours voix entendue,

Là-bas dans les roseaux.

 

Monotones, à fleur des eaux,

Monotones, comme des gonds,

Monotones, s'en vont les sons

Monotones, par les automnes.

 

Les nuits ne sont pas assez longues

Pour que tarissent les diphtongues,

Toutes les mêmes, de ces sons,

Qui se frôlent comme des gonds.

 

Ni les noroîts assez stridents,

Ni les hivers assez mordants

Avec leur triple rang de dents,

Gel, givre et neige,

Afin que plus ne montent en cortège

Les lamentables lamentos

Du vieux crapaud de mes sanglots.»

 

Notes bibliographiques

Paris, Librairie Vanier, 1890. In-4° broché

ISSNL 1147-677X
Numéro431
Date d'édition1878
Éditionédition originale
Languesfrançais
ÉditeurLibrairie Vanier, Paris
Vente Breton 2003Lot 1107
Mots-clés, ,
CatégoriesRevues
Série[Revue] Les Hommes d'aujourd'hui
Lien permanenthttps://www.andrebreton.fr/fr/work/56600100668720