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Descriptif

Des enveloppes reçues de divers correspondants : voilà qui suffit à inventer un nouveau jeu, « De qui est-ce ? », dont André Breton donne le commentaire dans une note parue dans le cinquième et dernier numéro du Surréalisme, même, au printemps 1959. Il relie la pratique des jeux avec un réinvestissement de l'esprit dans l'intuition, abandonnée par la pensée cartésienne au profit de la déduction; ainsi la pratique des jeux, déjà analysée et commentée à maintes reprises, finit-elle par trouver au sein du monde surréaliste une place définitive, comme espace privilégié, parce que quotidien, d'une réinvention de la pensée.

Manuscrits autographes, Paris, 4 janvier 1959.
Titré « De qui est-ce ? », daté « Paris, 4 janvier 1959 », raturé et corrigé, un texte relatif à l'interprétation graphologique intuitive d'Elisa Breton à partir d'une écriture sur une enveloppe.
« La déduction, de nos jours, a si bien réussi à prendre le pas sur l'intuition qu'elle ne la supporte plus qu'à sa suite, au rang de subordonnée. De ce fait les arts divinatoires ont depuis longtemps reçu le coup de grâce. Une expérience, à l'origine de laquelle seulement le hasard : je demande à Elisa si, prenant une enveloppe fermée qu'on lui tend, elle éprouve, comme moi, devant une écriture inconnue ou non reconnue, un sentiment de sympathie ou d'antipathie qui pourrait à plus ample examen... laisser pressentir presque obscurément telles affinités ou leur contraire. C'est dans ces conditions que j'ai mis sous ses yeux une première enveloppe, puis d'autres en raison de l'intérêt de ce qu'elles lui auraient suggéré. »

André Breton, transcrivant les lectures d'enveloppes d'Elisa de 32 écritures (Freud, Péret, Éluard, Dali, Giacometti, Char, Picabia, Artaud, Apollinaire, etc.), note :
« Beaucoup de spontanéité et de désordre. Quelqu'un qui ne vit pas du tout sur les données rationnelles. Très aventurier d'esprit. Aucun sens de l'économie. Franchement désordonné du côté matériel de la vie. Me donne l'impression de vivre «sur la branche», ne prévoyant jamais l'avenir. Très artiste, artiste dans l'âme certainement peintre. Sur qui la vie civilisée pèse. Riche imagination. Être très en marge des conventions de toutes espèce. 55 ans. (Antonin Artaud) »

« Culture d'autodidacte. Grand besoin d'appui dans la vie. Très peu sûr de lui même, mais avec un complexe de supériorité. Poursuivant des idées fixes. Beaucoup de bonne volonté. Grande imagination. Peu d'aptitudes à la vie matérielle; plutôt ambition de situation. C'est quelqu'un qui se montre différent de ce qu'il est; chez lui il y a toujours déplacement des problèmes. Ambitieux caché, affichant le contraire. 40 ans. Peintre. (Jean Dubuffet) »

Sont jointes deux photographies d'enveloppes titrées au verso par André Breton, reproduit dans le n°5 du Surréalisme, même. Texte paru dans Le Surréalisme, même p. 46, n°5, printemps 1959.

Bibliographie

- André Breton, « De qui est-ce ? », Le Surréalisme, même, n° 5, 1959, p. 46.

Date de création04-janv.-59
Notes bibliographiques1 page in-4° manuscrit de premier jet à l'encre, datée et signée par André Breton avec ratures et corrections 8 pages in-4° foliotées et titrées à l'encre
Date d'édition1959
Languesfrançais
NotesMs et photo - encres bleue et rouge [titre] sur papier blanc, une feuille pelure bleue et une photo
Vente Breton 2003Lot 2463
Mots-clés, , ,
CatégoriesLettres à André Breton, Manuscrits des membres du groupe
Série[Archives] Le surréalisme, même, [Jeux surréalistes] enveloppe Jeux surréalistes
Lien permanenthttps://www.andrebreton.fr/fr/work/56600100411650