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Statue d'ancêtre Korwar

Nord-Est de la Nouvelle-Guinée

Sculpture

Descriptif

Important personnage debout tenant devant lui un grand bouclier à décor ajouré. La tête disproportionnée porte un petit cimier sagittal et une coiffe dentelée aux tempes. Le visage au nez en pointe de flèche est orné aux yeux de perles de verre bleu et de deux scarifications obliques barrant les joues. La bouche ouverte en croissant montre les dents. La nuque est ornée en relief d'une petite représentation humaine. Le bois dur a une belle teinte brun foncé, il est érodé par endroits.

Dans l'article de L'Œil, n° 197, mai 1971, Vincent Bounoure décrit les rituels entourant la fabrication d'un Korwar et l'opération qui aboutit au transfert de l'âme du mort dans la sculpture : « On commence par un expédition en brousse, sous la conduite du sculpteur. C'est lui qui désigne la pièce de bois dont il a besoin, des provisions de sagou ont été rassemblées pour les nombreux festins. Le silence règne dans la demeure du shaman, le vieux tailleur de bois est seul. Alors, penché sur son travail, il se parle à mi-voix. Il parle à l'esprit de son père, qui lui enseigne les syllabes magiques et le met en rapport avec les sources du pouvoir qui a fait maintenant de lui un grand shaman. L'art de faire des Korwar, il l'a aussi appris de son père lorsqu'il était tout jeune encore (??). Le nécromancien tient le Korwar à la main en criant et en corrigeant les traits du visage par de nombreux coups de couteau, tout à coup il frémit et tombe à terre, c'est signe que l'esprit du mort est entré dans l'image. Tous les assistants tremblent. »

« KORWAR
» Tu tiens comme pas un
» Tu as été pris comme tu sortais de la vie
» Pour y rentrer
» Je ne sais pas si c'est dans un sens ou dans l'autre que tu ébranles la grille du parc
» Tu as relevé contre ton cœur l'herbe serpentine
» Et à jamais bouclé les paradisiers du ciel rauque
» Ton regard est extra-lucide
» Tu es assis
» Et nous aussi nous sommes assis
» Le crâne encore pour quelques jours
» Dans la cuvette de nos traits
» Tous nos actes sont devant nous
» À bout de bras
» Dans la vrille de la vigne de nos petits
» Tu nous la bailles belle sur l'existentialisme
» Tu n'es pas piqué des vers »
André Breton in Galerie Andrée Olive, Océanie, préface d'André Breton, introduction F. H. Lem, Galerie Andrée Olive, Paris, 1948.

Expositions.
-
Paris, Galerie Andrée Olive, Océanie, 1948, rep. sous le n° 13
- Paris, Musée National d'Art Moderne/Centre Georges Pompidou, André Breton, La beauté convulsive, 1991, rep. p.67, 78 et 81 (photos Sabine Weiss, 1960, dans l'atelier) ; rep. p. 393 (photo Lavau, dans l'atelier) ; rep. p. 404 (photo Elisa Breton, dans l'atelier, avec Aube) ; cité p. 492 (probablement, car dimension différente).

Bibliographie

- Vincent Bounoure, « Les Korwars de Nouvelle-Guinée hollandaise », L'Œil, mai 1971, rep. p. 10 et 11.

Languesfrançais
NotesHaut : 32 cm (12 5/8 in.) - Collage au bras droit. - Bois dur à patine brune, perles de verre bleu, ancienne patine d'usage
Lieu(x) d'origineNord-Est de la Nouvelle-Guinée
Dimensions32,00 cm
Vente Breton 2003Lot 6126
Mots-clésobjet cérémoniel, Océanie, sculpture
CatégoriesMélanésie, Océanie
Permalinkhttp://www.andrebreton.fr/work/56600100582781

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2 Œuvres
 
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Océanie

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Catalogue édité en 1948 à l'occasion d'une exposition à la galerie Andrée Olive à Paris, avec un avant-propos et des poèmes inédits d'André Breton.
21 images, une notice descriptive à compléter.

False

Océanie

-
Catalogue édité en 1948 à l'occasion d'une exposition à la galerie Andrée Olive à Paris, avec un avant-propos et des poèmes inédits d'André Breton.
Une notice descriptive à compléter.