The Collection

Home Page > Works > [Vos accusations sont injustes...]

Description

Lettre de Simone Kahn à Paul Éluard, datée de Thorenc, le 2 septembre 1925.

 

Transcription

Paris, le 2 sept. 25

Mon cher Éluard,

Vos accusations sont injustes. André travaille si bien qu’il me charge de vous répondre au sujet des divers points précis qui l’exigent. Pour tout ce qu’il ne peut vous exprimer que lui-même d’amitié etc…, bien entendu je me récuse. Mais il y reviendra bientôt.

J’adopte donc votre méthode.

1La lettre aux voyantes est faite et copiée. Vous la recevrez demain, et serez bien gentil de la faire parvenir sans tarder davantage (!) à l’imprimeur.

2Ainsi qu’une assez longue note sur le livre de Trotzky : Lénine, laquelle (pas encore terminée) est de caractère tendancieux et à surprendre quelques personnes. N’ayez pas peur.

3Peut-être à propos de cette note, en recevrez-vous une autre — en réponse — d’Aragon, que André y met en cause et qui désirera peut-être y répliquer sur le champ (car André le lui demande) —

4Voulez-vous également envoyer à l’imprimeur la lettre de Gengenbach qu’André décide en fin de compte de publier telle quelle et sans commentaires.

5Pour les comptes rendus de la voyante, il semble décidément impossible de les publier vu les sujets souvent personnels qui seraient mis en cause ; ainsi comme vous le faites observer du caractère peut-être antipolitique que présenteraient ces pseudo-confessions.

6J’ai écrit à l’imprimeur au sujet de la traite, que j’étais en voyage et n’avais pas avec moi les fonds nécessaires à son règlement, que je serai rentrée le 15 sept. et qu’il fasse tout le possible pour éviter le protêt. Si de votre côté vous y pouvez quelque chose, je vous en prie.

7Pour les clichés, de quoi s’agit-il ? Ne pouvez-vous arranger cela, en attendant ?

8André n’avoue aucune idée de couverture. Il est persuadé que Desnos en s’efforçant un peu doit pouvoir vous en donner une et vous suggère de le lui demander.

Ouf ! Je crois que ça y est. Je tiens à ajouter personnellement qu’on est très bien ici, et que vous feriez bien d’y venir nous voir. André dit souvent que c’est un endroit où il aimerait voir les gens qu’il aime. C’est vous dire qu’il y trouve (ô miracle) la vie possible. Nous attendons Viot, Masson, Limbourg [sic] etc… Ne voulez-vous faire chorus ? Artaud, peut-être.

Achetez le livre de Tr[otsky] sur Lénine. Vous verrez, c’est une révélation. Ces gens sont si proches de nous qu’on n’y comprend rien. Les gens ne valent décidément que par la qualité de leur âme.

Avez-vous trouvé votre manteau ? Croyez à ma toute puissante affection. Je ne vous dis rien de celle d’André qui dépasse mes possibilités verbales. Transmettez mon souvenir à Gala. Et en fin de compte excusez-moi

Simone

 

Bibliography

André Breton et Paul Éluard, Correspondance 1919-1938, ed. Étienne-Alain Hubert, Gallimard, Paris, coll. « Blanche », p. 128-130.

Librairie Gallimard

Creation date02/09/1925
Postmarked date03/09/1925
Destination address
Bibliographical material

Ms - Quatre pages sur deux feuillets 27 × 21 cm à en-tête imprimé en vermillon la RÉVOLUTION SURRÉALISTE / 42, RUE FONTAINE, PARIS (IXe) / Tél. : Trudaine 38-18 / DIRECTEUR : / ANDRÉ BRETON. Encre violette. — Enveloppe 11,5 × 14,5 cm, en-tête imprimé en vermillon LA RÉVOLUTION SURRÉALISTE / 42, RUE FONTAINE, PARIS (IXe). Trudaine 38-18. Suscription de l’écriture de Simone Breton, encre violette : « Monsieur Paul Eluard / 3 rue Ordener / Paris 18e ». Cachet : Thorenc Alpes maritimes 16h 3-9-25. Au verso et de la même écriture : « Voulez-vous ns envoyer quelques manifestes s.v.p. »

LanguagesFrench
Place of origin
Library

Ms 8387-42

Size21,00 cm
Number of pages4 p.
Original languageFrench
Copyright© Gallimard & Succession Sator
Keywords, , ,
CategoriesCorrespondence, Forwarded Correspondences
Set[Correspondance] Correspondance avec Paul Éluard, [Revue] La Révolution surréaliste, 5
Permanent linkhttps://www.andrebreton.fr/en/work/56600101001951
Place of origin
Place of destination