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L'hymne à la terre ; La Loge (ou La Toge)

Dessins

Auteur

Artiste Aloïse Corbaz, dite Aloïse

Descriptif

Dessin recto-verso réalisé au crayon de couleur sur une page de L'illustration et daté aux environs de 1945. Œuvre associée à l'art brut.

Crayons de couleur sur papier (dessin double face sur une page de L'Illustration). Marqué sur une face : Loge à Pie XI L'Hymne à la terre Freddy [..] Monsieur Banknotes. Initiales en bas à gauche.

« La Toge, dessin d'Aloïse, provient de Jacqueline Porret-Forel qui a entretenu avec elle des rapports privilégiés de 1941 à 1964. Il a été exposé dans le sous-sol de la Galerie René Drouin lors de la première exposition d'art brut, en 1947, au mois de novembre. André Breton l'a découvert à cette occasion. Impressionné par les productions d'Aloïse, il se propose d'acquérir deux de ses dessins. Jean Dubuffet, avec l'accord de Jacqueline Porret-Forel, les lui offre ». Lettre de Vincent Monod (Collection de l'Art Brut) adressée à la Galerie 1900-2000, Lausanne, 31 juillet 2002.

Art Brut
« Dans ce véritable manifeste de l'Art brut que constitue la notice datée d'octobre 1948, notre ami Jean Dubuffet insiste on ne peut plus justement sur l'intérêt et la spéciale sympathie que nous portons aux œuvres qui "ont pour auteurs des gens considérés comme malades mentaux et internés dans des établissements psychiatriques". Il va sans dire que je m'associe pleinement à ses déclarations : "Les raisons pour lesquelles un homme est réputé inapte à la vie sociale nous paraissent d'un ordre que nous n'avons pas à retenir." Je me déclare en non moins parfait accord avec Lo Duca, auteur d'un remarquable article intitulé L'Art et les Fous qu'on m'a communiqué sans malheureusement pouvoir m'en indiquer la référence et dont je me bornerai à citer ces fragments : "Dans un monde écrasé par la mégalomanie et l'orgueil, par la mythomanie et la mauvaise foi, la notion de folie est bien imprécise." On a d'ailleurs remarqué qu'un nombre excessivement restreint de mégalomanes est soigné par les psychiatres. En effet, dès que la folie devient collective - ou se manifeste par le truchement de la collectivité - elle devient taboue... À nos yeux, le fou authentique se manifeste par des expressions admirables où jamais il n'est contraint, ou étouffé, par le but raisonnable. Cette liberté absolue confère à l'art de ces malades une grandeur que nous ne retrouvons avec certitude que chez les Primitifs...
Il est à observer qu'une gêne croissante, dès qu'il s'agit de la place à faire à de telles œuvres, n'a cessé depuis un demi-siècle de s'exprimer dans les milieux psychiatriques - soit dans un cercle où pourtant ces œuvres étaient essentiellement considérées en fonction de leur valeur clinique. Déjà dans son ouvrage L'Art chez les fous, publié en 1905, Marcel Réja s'oppose à ce que leur qualité maladive les fasse tenir pour "des choses hors cadre, sans rapport avec la norme" et se montre sensible à la beauté de certaines d'entre elles. Hans Prinzhorn (Bildnerei des Geistenkranken, 1922) en révélant celles qui lui paraissent les plus remarquables - notamment d'August Neter, de Hermann Beil, de Joseph Sell et de Wölfli - et en leur assurant une présentation pour la première fois digne d'elles, appelle leur confrontation avec les autres œuvres contemporaines, confrontation qui, sous bien des rapports, tourne au désavantage de celles-ci...
Je ne craindrai pas d'avancer l'idée, paradoxale seulement à première vue, que l'art de ceux qu'on range dans la catégorie des malades mentaux constitue un réservoir de santé morale. Il échappe en effet à tout ce qui tend à fausser le témoignage qui nous occupe et qui est de l'ordre des influences extérieures, des calculs, du succès ou des déceptions rencontrées sur le plan social, etc. Les mécanismes de la création artistique sont ici libérés de toute entrave. Par un bouleversant effet dialectique, la claustration, le renoncement à tous profits comme à toutes vanités, en dépit de ce qu'ils présentent individuellement de pathétique, sont ici les garants de l'authenticité totale qui fait défaut partout ailleurs et dont nous sommes de jour en jour plus altérés. » André Breton (Le Surréalisme et la peinture, Nouvelle édition revue et corrigée, 1928-1965, Paris, Gallimard, 1965, pp. 313-316)

Expositions


- Paris, Musée national d'art moderne/Centre Georges Pompidou, Paris-Paris, Création en France, 1937-1957, 1981, rep.p. 163, n° 9, p. 508
- Londres, Barbican Centre for Arts and Conferences, Aftermath : France 1945-1954, New Images of Man, 1982, rep. XIII, p. 77
- Milan, Palazzo Reale, I surrealisti, 1989, rep.p. 274
- Paris, Musée national d'art moderne/Centre Georges Pompidou, André Breton, la beauté convulsive, 1991, rep.p. 434, p. 481

Bibliographie

- Robert Benayoun, Érotique du surréalisme, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1965, rep.p. 238
- André Breton, Le surréalisme et la peinture, Nouvelle édition revue et corrigée, 1928-1965, Paris, Gallimard, 1965, rep.p. 314
- Lettre de Vincent Monod (Collection de l'Art Brut) adressée à la Galerie 1900-2000, Lausanne, 31 juillet 2002

Date de création1945
Date d'édition1945
Languesfrançais
Notes40 x 27,5 cm (15 3/4 x 10 7/8 in.) - Crayons de couleur sur papier (dessin double face sur une page de L'illustration).
Provenancedon de Jean Dubuffet, 1947.
Vente Breton 2003Lot 4245
Mots-clésart brut ou naïf, arts graphiques
CatégoriesTableaux
Lien permanenthttp://www.andrebreton.fr/work/56600100962680