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Descriptif

Manuscrit de la septième conférence de Breton à Port-au-Prince, prononcée le 8 février 1946. Elle sera publiée dans la Bibliothèque de la Pléiade en 1992.

La septième conférence de Breton à Port-au-Prince, début février 1946, est prononcée dans un contexte plutôt agité ; les événements se précipitent (une agitation politique qui amène le départ du président et dans laquelle les conférences de Breton ont apparemment eu leur part, même si on a pu l'exagérer ; cf. les notes du volume III de la Pléiade sur la Conférence de Breton au Savoy-Club, dans Alentours I). Breton parle pour sa part de Rimbaud et Mallarmé, ce qui n'est pas sans intérêt pour nous, car son œuvre se réfère rarement au second, souvent masqué par Valéry. Le texte de cette conférence a été repris dans les Inédits I du troisième volume de la Pléiade. [site Atelier André Breton, 2005]

Conférences (Haïti, Martinique) 1945-1946.
Septième conférence, manuscrit autographe, 8 février 1946.

- 6 pages foliotées grand in-4°, manuscrit autographe à l'encre de Breton comportant ratures et corrections de cette 7e conférence relative à l'œuvre poétique de Stéphane Mallarmé et Rimbaud.
« Dans l'enveloppe sonore du mot, pour Mallarmé il y a donc une "essence réelle" : se rapprochant de l'organisme dépositaire de la vie, le mot, dit Mallarmé présente dans ses voyelles et ses diphtongues comme une chair, mais l'esprit qui l'anime participe plutôt qu'au monde déchu que nous délivrent nos sens un mode idéal, à la beauté perdue que notre rêve "préssent sous un ciel antérieur." Il n'est pas excessif de prétendre que Mallarmé cherche ici à assumer quelques une des prérogatives du verbe divin.
» Tel est, Messieurs, contée en terme aussi concis que possible, l'existence unique de Rimbaud. Ne perdez surtout pas de vue que l'œuvre du poète - qui se compose des poèmes des Illuminations et d'une Saison en enfer - s'arrête en 1873, c'est-à-dire à l'époque où Rimbaud a 19 ans et que durant les 18 années de la seconde et dernière partie de sa vie, non seulement il ne manifestera aucune velléité de retour à son activité poétique mais encore il se comportera en tout et pour tout comme si elle n'avait pas eu lieu, la rejetant d'une épithète malsonnante et sans appel pour peu qu'on y fit allusion devant lui. On est naturellement perdu et l'on se perd encore en conjoncture sur le sens si définitif d'un si dédaigneux renoncement. Parmi les hypothèses qui ont, été avancées et dont aucune ne peut prétendre à être restrictive des autres, celle qui m'a personnellement le plus frappée - peut-être parce qu'elle est simplement la plus humaine, - est celle qu'ont assez confidentiellement avancée les deux jeunes auteurs qui s'est jouée à Paris à la veille de la guerre et qui s'intitulait "Rimbaud l'enfant perdu". Selon eux le désir d'expression de Rimbaud n'eut pu survivre au coup de revolver de Bruxelles et à l'interrogatoire de police qui s'en était suivi. Il y avait eu là chez lui profanation de la source poétique même. » [catalogue de la vente, 2003]

Bibliographie

- André Breton, (Édition de Marguerite Bonnet avec la collaboration de Philippe Bernier, Marie-Claire Dumas, Étienne-Alain Hubert et José Pierre), Inédits I, Œuvres complètes, tome III, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1999, p. 312-322.

Date de création8 fév.-46
Notes bibliographiques6 pages foliotées grand in-4°
Date d'édition1946
Languesfrançais
NotesMs - encre bleue et crayon
Lieu d'origine
Vente Breton 2003Lot 2263
Mots-clés, , , ,
CatégoriesManuscrits d'André Breton
Série[Manuscrits d'AB] Haïti
Lien permanenthttp://www.andrebreton.fr/work/56600100657520
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