Sommeil de Benjamin Péret daté du lundi 2 octobre 1922, le dormeur étant aux prises avec une vision.
Dans ce texte daté du 2 octobre, le premier de la série à avoir été publié, Péret semble faire l'expérience d'une véritable hallucination. Alors que les premières tentatives font surtout appel à des connaissances, à des idées, et que tout semble encore affaire de mots, le dormeur est ici, manifestement, aux prises avec une vision : « Ça s'écrase. - Quoi ? Les plantes. »
L'expérience rappelle incontestablement le programme rimbaldien de la « Lettre du voyant » - Rimbaud, avec Lautréamont la référence constante de Breton jusqu'à la fin de sa vie : « le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. » Péret, ici, semble s'approcher de cet état, attestant l'immense valeur poétique des découvertes en cours.
Notons par ailleurs l'irruption de questions érotiques, qui amorcent les explorations psychanalytiques ; les réponses de Péret, par ailleurs, se révélant fort décevantes sur ce point, comme sur d'autres - « je ne sais pas ». Cette inconnaissance, qui revient sans cesse, atteste sans doute l'honnêteté de l'entreprise ; elle devient enfin fascinante quand « je ne sais pas » répond à la question : « Connaissez-vous Péret ? »
2 octobre 1922.
- 12 pages in-4° foliotées de 1 à 12 sur papier à en-tête «Congrès de Paris» manuscrites par Breton, Desnos et Simone Kahn, aux crayons noir et bleu, encartées dans un feuillet identique plié en deux annoté au crayon noir par Breton : « lundi 2 octobre - Péret. »