La Beauté de l'imagerie populaire
« Que vous songiez à faire bénéficier un large public des connaissances et des plaisirs que vous a valus votre quête ininterrompue et passionnée de l'art populaire, c'est là une nouvelle qui me réjouit plus encore le cœur que l'esprit. Cet art populaire, je vous dois, pour ma part, d’être parvenu à mieux m’orienter à travers le foisonnement des œuvres qui supportent d’être groupées sous un son pavillon et dont nous nous sommes accordées si souvent à penser qu’elles valaient – c’est le moins qu’on puisse dire – toutes sortes d’œuvres individuelles signées de noms plus ou moins illustres, conçues dans un esprit plus ambitieux. Rien, dans le sens de cet "appel d’air" que je n’ai cessé de préconiser, n’est d’un effet comparable à ceux que peuvent procurer nombre d’entre elles, très précisément celles auxquelles est allé d’emblée votre choix. (...) »
Art populaire du Mexique
C'est lors de leur voyage au Mexique, d'avril à août 1938, que Jacqueline et André Breton rencontrèrent le photographe Manuel Alvarez Bravo ainsi que les peintres Diego Rivera et Frida Kahló chez lesquels ils séjournèrent. Rapidement liés d'amitié, ils découvrirent en leur compagnie l'art populaire et les peintures naïves du Mexique.
Rentré en France, André Breton décida d'organiser sans tarder une exposition réunissant des tableaux naïfs anciens des XVIIIe et XIXe siècles, des œuvres de Frida Kahló, des objets d'art précolombien, des photographies de Manuel Alvarez Bravo et des objets populaires mexicains dont il a pu dire : « Le Mexique avec ses splendides jouets funèbres s'affirme au reste de la terre d'élection de l'humour noir » (Préface de l'Anthologie de l'humour noir). Il dit aussi : « Les "objets funèbres", tous originaires de la vallée de Mexico proprement dite, nous ramènent à ce goût aigu que marque le Mexique pour la mort (Catalogue de l'exposition de 1939, objets populaires).
Nous trouvons dans la partie de ses collections dispersée ici certains tableaux acquis lors de l'exposition dont il évoque l'ambiance mystérieuse et « cette lueur de vie qui persiste au-delà de la mort» (Ibidem, tableaux mexicains).
De tout cela Breton parle abondamment dans le catalogue qu'il rédigea pour l'exposition de chez Renou et Colle qui eut lieu du 10 au 25 mars 1939. Chaque thème exposé y est largement décrit. Le Mexique fut pour lui « Le lieu surréaliste par excellence» (Mark Polizzotti, André Breton, NRF, p. 517).
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